RAKU
(joie, bonheur)
Cette technique céramique née dans le Japon du XVIème siècle est étroitement liée à la cérémonie du thé et était jusqu’à présent presque unanimement utilisée à la fabrication des bols réservés à cet usage. Techniquement le raku diffère de la poterie traditionnelle. Au lieu d’enfourner la poterie à froid pour la cuire à plus ou moins haute température, on l’introduit dans un four chauffé au rouge sombre. La fusion de l’émail se développe dans un laps de temps très court (15 à 20 minutes). Sorti du four à l’aide de longues pinces, l’objet raku reste incandescent pendant quelques instants. Le type de refroidissement (à l’eau, à l’air, dans la paille) déterminera l’aspect définitif de son émail et de son tesson.
BARRAUD Claude PARAGE Marie-Claude
Deux jeunes femmes que l’on aspire à tutoyer. L’une est peintre, l’autre est sculpteur. Elles travaillent en Médoc, dans cette région de France qui compte, nous dit-on, le plus grand nombre de centenaires (hommes, femmes et bouteilles).
La singulière aventure débuta il y a vingt ans déjà, au hasard d’une rencontre alors que rien ne semblait prédisposer Claude Barraud et Marie-Claude Parage aux arts du feu. Ce fut peut-être le désir de conjuguer deux préoccupations le volume et la couleur sur un même objet qui les conduisit à construire un four rudimentaire et de choisir d’expérimenter la technique céramique du «raku». L’apparente simplicité des moyens mis en œuvre dans ce type de cuisson cache les difficultés que seul le temps et la persévérance permettent de surmonter. La volonté de voir exister autrement que sur le papier des pièces a conduit Claude et Marie-Claude à «se mettre soudainement et avec énergie au travail» (définition selon le Petit Robert de prendre le mors au dents, nom donné à leur four). La rencontre avec l’un des plus grands fleuristes français, Christian Ninin-Barus et l’attrait des végétaux, les ont poussées à s’intéresser aux contenants floraux et aux pots d’extérieur. La situation de leur atelier en plein cœur du Médoc a été déterminante pour leur inspiration : les vignes, les pins mais aussi le figuier du jardin, les mimosas, les palmiers et les bambous et bien sûr les flux et reflux de l’océan, les eaux boueuses de la Gironde, le Sud-Ouest en résumé. G.C. Waintraub